J'écoute : Les sonates de Scarlatti jouées par Scott Ross
Je regarde : Les nuages qui jouent aux autos-tamponneuses
Je lis : Les bienveillantes
Je cite : J'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre (Blaise Pascal).
Je pense : même la nuit
Je rêve : de pays lointains
(mis à jour mardi 16 septembre 2008 à 15:31)

30/09/2007

30/09/07 - 11:45

Quelques brins de folie architecturale


24/09/2007

24/09/07 - 19:56

A la poste

- Bonjour, je viens pour retirer un recommandé
- Oui, jeune homme, présentez moi l'avis de passage du facteur et une pièce d'identité
- Voici...
(j'aime bien qu'on me donne du jeune homme, personne n'y croit mais ça fait plaisir malgré tout)
- Ah, mais ce pli contient probablement votre nouveau chéquier. Vous avez un chèque sur vous ?
- ???
- J'ai besoin que vous me montriez un chèque pour que je puisse vous remettre le chéquier, ça fait partie des mesures de sécurité.
- Oui mais c'est totalement impossible, je n'ai plus un seul chèque, et c'est précisément pour cette raison que j'ai commandé un nouveau chéquier.
- Désolé, Monsieur, on a eu trop de problèmes avec des fraudeurs qui volent les avis et usurpent les identités, nous ne délivrons plus de chéquier sans justificatif de la part du titulaire du compte.
(Et là, plus de jeune homme, seulement du monsieur, fini de rigoler)
- Mais comment pouvais-je savoir qu'il fallait amener un justificatif, puisque ce n'est pas indiqué sur l'avis ?
- Ah oui, ce n'est pas indiqué parce cela pourrait donner des idées à des gens malveillants, vous comprenez, qui sauteraient sur l'occasion. Et malgré celà y'en a qui savent les reconnaître, c'est moi qui vous le dit.
- Et, pour une prochaine fois, comment fait-on pour les reconnaître ?
- Ah ça, je n'ai pas le droit de vous le dire...
- Mais... Je... M'enfin...

Bon, je ne me suis pas énervé, et ça a fini par s'arranger, car il y a encore des agents des Pététés qui prennent sur eux de commettre une faute professionnelle pour rendre service aux "usagers", comme on disait autrefois.
Je vais quand même relire Kafka dès ce soir.

19/09/2007

19/09/07 - 18:00

Pétition contre l'utilisation de tests génétiques dans le contrôle de l'immigration


L'association "Sauvons la Recherche" a lancé une pétition pour protester contre le projet d'amendement Mariani concernant l'utilisation de tests génétiques dans le contrôle de l'immigration

"L’utilisation de tests génétiques pour contrôler l’immigration, actuellement en discussion au Parlement, constituerait une mesure régressive profondément choquante, car elle viserait à discriminer une certaine catégorie de la population, et ouvrirait insidieusement la porte au fichage génétique.

Alors que ce projet est encore en débat, vous trouverez ci-dessous un appel à signature, demandant à nos élus de voter non à ce texte. Vous trouverez également ci-joint les communiqués de la Ligue des Droits de l’Homme et de la FIDH, qui dénoncent également vigoureusement cet amendement."

La suite sur :
[www]

16/09/2007

16/09/07 - 16:52

Massacre à la tronçonneuse


Je vis d'ordinaire en bonne intelligence avec mes plantes vertes. Je les aime bien, et je crois pouvoir dire qu'elles n'ont pas trop à se plaindre de moi : je leur assure le boire et le manger, je leur parle régulièrement, puisque parait-il c'est bon pour leur santé, en échange de quoi elles égayent mon intérieur de leur présence discrète. Elles ont même la délicatesse de fleurir de temps en temps pour me témoigner leur affection.

Oui mais voilà : j'ai remarqué un insidieux changement d'attitude de leur part depuis quelques temps. D'abord elles ont beaucoup grandi, elle s'étalent, elles prennent de plus en plus de place, elles s'interposent sans aucune gêne entre le soleil et moi. Et puis elles me snobent : certaines font mine de vouloir traverser le plafond, comme pour me signifer qu'elles en ont marre de ma compagnie et préfèreraient aller faire leur vie chez le voisin du dessus. Elles se permettent même de me griffer ou de me piquer quand je m'approche trop près d'elles pour les soigner.

Alors j'ai commencé à flipper, à avoir peur qu'elles ne se concertent pour m'éliminer, qu'elles profitent sournoisement de la nuit pour envahir l'appartement et m'étouffer dans mon sommeil.

Aujourd'hui, j'ai craqué. Au départ je voulais juste leur donner une petite leçon, les "rabattre" un peu, leur rappeler qui est le maître des lieux. De feuille en tige, de brindille en branche, maniant ciseau, couteau, sécateur, j'ai très vite pété les plombs. Ce qui devait être une coupe d'été rafraichissante s'est transformé en massacre. Une irrépressible frénésie destructrice s'est emparée de moi, je me suis mis à couper, à cisailler frénétiquement, à attaquer même à la scie les branches les plus récalcitrantes. Ni les gémissements du feuillage, ni les craquements du bois n'ont pu apaiser ma fureur, au contraire. Quand je suis sorti de cet état second, le sol était jonché de feuilles arrachées, de branches cassées, éparpillées comme autant de membres d'un corps écartelé. Ne restaient plus que des troncs minables, sectionnés net au ras du pot, des moignons suitants. Et de la sève fraiche partout, sur le sol, sur les outils, sur mes vêtements...



Je me suis assis, fourbu, hagard, mais quelque part soulagé. Serein.
Il ne me reste plus qu'à aller me livrer à la police. Je plaiderai coupable.

15/09/2007

15/09/07 - 09:14

Info-boulot-dodo


Mort de Pavarotti : quinze minutes en ouverture du journal télévisé.
Mort de Jacques Martin : Jité entièrement consacré à la disparition du grand homme
Et pour Yvette Horner, ils feront une édition exceptionnelle en continu avec envoyés spéciaux dans la loge de sa concierge et interview de son chien ?

Et pendant ce temps là tout va bien, le monde tourne rond, dormez bonnes gens...

09/09/2007

09/09/07 - 11:39

A la piscine de mon quartier...


A la piscine de mon quartier, je croise souvent un vieux monsieur, replet et jovial, un habitué du lieu. Ayant à peu près les memes horaires, nous avons fini par faire connaissance. Rien d'extraordinaire à cela, il fréquente l'endroit depuis des années et connait tout le monde ou presque. Ca lui permet d'agrémenter son entraînement (oui, oui, il vient pour nager) de quelques petites conversations. Une ou deux longueurs, et hop, une petite pause pour s'enquérir de la santé de Monsieur X ou du petit dernier de Madame Y. Comme il est bavard - et résistant - il se fait une bonne distance au cours de la matinée, même à son train de sénateur.

Pendant ce temps, j'enchaine mon kilomètre rituel le nez dans le guidon, si j'ose dire, avant d'aller me poser au bord du bassin pour récupérer. C'est là qu'il vient me trouver pour me serrer virilement la pogne et tailler une petite bavette. Ca commence invariablement par quelques commentaires sur nos exploits sportifs du jour. Au fil des mois, j'ai fini par recueillir des bribes de ce qui fut sa vie : ouvrier dans la métallurgie, il a connu les grèves de 36 et le front populaire ; à 14 ans il fut le plus jeune participant de la traversée de Paris à la nage - et il n'est pas peu fier d'avoir terminé en bonne place.

Mais ce qui me fait le plus sourire c'est le moment où il vient immanquablement poser sa main épaisse sur ma cuisse, délicatement, presque négligemment, tout en continuant à me raconter les difficultés que ses petits enfants rencontrent pour trouver du travail, ou l'exaspération de sa femme devant son obstination à venir encore s'entraîner à son âge. Je pourrais bien sûr me dégager gentiment, mais je ne le fais pas. Ce serait indélicat de ma part de le priver de ces quelques (tout) petits plaisirs.

Son âge ? La dernière fois qu'il me l'a avoué, il arborait fièrement 90 ans. Mais six mois avant c'était 86. Allez savoir...

Je ne l'ai pas croisé depuis plusieurs semaines. Une inquiétude diffuse s'insinue...
Où qu'il soit, j'ai eu envie de déposer ici une petite pensée pour lui.

08/09/2007

08/09/07 - 10:00

Modernisation = mystification


Ne me parlez plus de modernisation. Je ne supporte plus ce mot.

J'entends : "modernisation de la vie politique", je traduis : concentration des pouvoirs dans les mains d'un nouveau monarque, retour en force de l'esprit de cour.
J'entends : "modernisation du marché du travail", je traduis : disparition des contrats à durée indéterminée au profit d'un contrat unique "simplifié", augmentation du temps de travail et départ à la retraite différé.
J'entends : "modernisation de l'Etat", je traduis : suppression de 35000 postes de fonctionnaires.
J'entends : "modernisation de la justice", je traduis : remise en question de l'irresponsabilité pénale, enfermement arbitraire des déliquants sexuels après qu'ils aient purgé leur peine.
J'entends : "modernisation du système de santé", je traduis : instauration d'une franchise sur les soins, déremboursement des médicaments.
J'entends : "modernisation de l'information", je traduis : pipolisation de la vie publique, culte de la personnalité, entreprise de décérébration généralisée organisée par les grands média.

Je continue ou ça va comme ça ?

J'ai l'impression d'assister à un incroyable spectacle de prestidigitation. Par un fantatique double tour de passe-passe, la droite a réussi à faire croire que la marche vers une société plus "moderne" passait par un retour à des méthodes et des pratiques datant au mieux du 19eme siècle, et la gauche a été assez stupide pour se laisser déposséder des espérances de progrès qu'elle est censée incarner, et enfermer dans une image de ringardise qui lui colle à la peau.

Je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque moderne - comme disait Philippe Meyer en terminant chacune de ses (regrettées) chroniques matutinales.

04/09/2007

02/09/2007

02/09/07 - 11:57

L'eau bénite : une arme de terreur aux mains des intégristes religieux


Lu dans "Le Monde" du 31/08 :

"Les pèlerins du vol inaugural Rome-Lourdes affrété par le Vatican ne s'attendaient certainement pas à pareille contrariété. Alors qu'ils se préparaient à embarquer à l'aéroport de Tarbes, des agents de sécurité ont confisqué leurs flacons d'eau bénite de plus de 100 ml. Motif : le respect des normes anti-terroristes appliquées depuis l'été 2006 sur le transport des liquides en cabine. Un des passagers du vol a préféré boire sa bouteille plutôt que de l'abandonner, selon le quotidien Corriere della sera. "

01/09/2007

01/09/07 - 21:37

Cimetière marin








"Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!"

Paul Valery