J'écoute : Les sonates de Scarlatti jouées par Scott Ross
Je regarde : Les nuages qui jouent aux autos-tamponneuses
Je lis : Les bienveillantes
Je cite : J'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre (Blaise Pascal).
Je pense : même la nuit
Je rêve : de pays lointains
(mis à jour mardi 16 septembre 2008 à 15:31)

27/11/2007

27/11/07 - 20:13

Censure




M. Alexandre Sokolov, ministre russe de la culture, a interdit que cette photo figure dans l'exposition "Sots Art" (art contestataire), organisée à la Maison Rouge, à Paris (fondation Antoine de Galbert). Motif : cette photo est "une honte pour la Russie".
(Le Monde du 28 novembre)

En Russie, il y a encore du bouleau boulot.

27/11/07 - 20:06



Bonne nouvelle : j'ai retrouvé la pêche !

21/11/2007

21/11/07 - 19:14

Saudade


Il y a des jours où l'énergie vitale nous échappe, nous fuit, elle s'écoule irrémédiablement d'entre nos doigts impuissants à la recueillir.

Il y a des jours où l'on aimerait déposer au bord du chemin le fardeau d'un quotidien trop poisseux, et repartir léger, libéré des mille contraintes qu'on a laissé s'incruster en nous.

Il y a des jours où l'on voudrait ignorer que le renoncement se cache souvent derrière ce qu'on nomme pudiquement sagesse.

Il y a des jours où l'on donnerait tout pour ressentir à nouveau l'enthousiasme originel, intact, cette alchimie brûlante capable de nous transporter au commencement de nos rêves.

Il y a des jours où l'on ressent douloureusement que le corps n'est pas seul à vieillir, l'âme s'épuise lentement elle aussi.

Il y a des…
Ne plus y penser.
Vivement demain.

17/11/2007

17/11/07 - 09:22

Moi j'aime bien les grèves...




Sous les pavés la plage.

17/11/07 - 09:20

Café du commerce journalistique


"En France, les cigales chantent l'été et manifestent l'hiver, tandis que les fourmis travaillent pour payer leurs impôts"

Christophe Barbier, l'Express du 14/11/2007
[www]

Vous voulez dire, sans doute, que les cheminots qui passent leurs week-ends loin de chez eux et les conducteurs de métro qui ne voient pas la lumière du jour s'offrent des vacances sur des yachts de luxe et ne payent pas leurs impôts ?

Pour tenir des propos aussi putrides, aussi racoleurs, qui n'ont d'autre objet que de dresser les gens les uns contre les autres, vous mériteriez qu'on vous fasse avaler votre stylo, Monsieur Barbier.

12/11/2007

12/11/07 - 20:30

Les causeries scientifiques du professeur Bingham


Entendu hier sur une chaîne du service public : les icebergs dérivent à partir des pôles vers les latitudes tempérées et, lorsqu'ils fondent, le niveau de l'eau monte.
Eh bien non, non, et NON !
Ce n'est pas la fonte des icebergs qui fait monter le niveau des océans.
On peut pardonner aux journalistes de n'avoir pas une grande culture scientifique, mais pas d'affirmer n'importe quoi sans vérifier leur sources.

Faites une expérience.
Mettez un glaçon dans un verre d'eau. Complétez le niveau de l'eau jusqu'à ras bord. Attendez la fonte des glaces.



Que se passe-t-il ?
a) le niveau de l'eau monte et le verre déborde
b) le niveau ne bouge pas
c) le niveau descend
d) ... (non, franchement je ne vois pas d'autre possibilité)

Demain je ramasse les copies et je fais la correction.

07/11/2007

07/11/07 - 23:23

Tassili N'Ajjer (4)


Les hommes bleus.
Les hommes bleus sont souvent habillés de bleu, mais pas toujours.



Les hommes bleus sont économes de geste et de parole. Ils savent lire les signes du désert, ils en connaissent tous les secrets, ils savent où trouver l'eau pour la soif, l'abri pour la nuit, et le bois pour le feu. Ils sont chez eux dans ce monde hostile, sa rudesse ne leur fait pas peur, ils l'ont apprivoisée.



Ils ne vivent ni dans un lieu précis, ni dans une époque précise. Le temps et l'espace semblent ne pas avoir prise sur eux.



Ils se déplacent, souvent, et prennent soin de leurs montures, traditionnelles ou modernes.



Il sont grands, fiers, toujours souriants. Ils sont beaux, tout simplement.



06/11/2007

06/11/07 - 23:15

Tassili N'Ajjer (3)


S'asseoir devant un paysage semblable à celui-ci. Essayer d'imaginer à quoi il ressemblait il y a cent ans, il y a mille ans, il y a un million d'années.



Ici même, dans cette vallée, il y a à peine 10000 ans, il y avait un fleuve, des prés verdoyants, de grands arbres, et tous les animaux de la savane : des buffles, des éléphants, des girafes, des hippopotames, d'autres encore. Ce sont les rochers eux-mêmes qui en témoignent.



Et il y avait aussi des hommes et des femmes, qui luttaient pour survivre, des hommes et des femmes qui chassaient, qui pêchaient (oui, qui pêchaient !)
qui faisaient la guerre à leurs ennemis, qui étaient amoureux, qui ont eu des enfants, qui les ont éduqués, leur ont appris à chasser, à pêcher, à reconnaître les plantes comestibles, à faire la guerre



Et aussi à peindre, à dessiner, à sculpter la pierre. C'étaient déjà de grands artistes.



C'est peut être parce qu'ils possédaient cette volonté farouche de vivre, de porter plus haut leur condition d'humains, que je peux évoquer leur mémoire, ici, aujourd'hui.

06/11/07 - 00:27

Tassili N'Ajjer (2)


La vie est tenace, elle ne renonce jamais.



Un peu d'eau, quelques gouttes de pluie, c'est le signal tant attendu. Alors c'est l'éclosion, la reconquête du terrain perdu, la fête éphémère des parures colorées.



Dans l'enfer de chaleur et de poussière, le monde animal reste en éveil, menaçant ou menacé, accaparé par l'obsession de survivre.



La nuit bruisse d'activités mystérieuses. Elle se retire en laissant derrière elle d'étranges jeux de piste, comme autant d'énigmes que le matin nous invite à déchiffrer.

04/11/2007

04/11/07 - 18:24

Tassili N'Ajjer (1)


Ici, le minéral règne sans partage. Falaises brulées de soleil, rochers noircis à force d'avoir connus la lumière.



Paysage immuable, tel au premier matin du monde. Ou au dernier.



Des cailloux, encore des cailloux, une armée de cailloux, partout, si nombreux, jusqu'au bout de l'horizon.



Grain par grain, touche par touche, avec une patience inouie, le vent et l'eau sont parvenus à adoucir ce paysage si âpre, à le façonner à leur gré, maîtres d'oeuvre d'une architecture fantaisiste, délicate, et toujours imprévisible.



Silence. Ecouter le silence, le laisser grandir, s'imposer jusqu'à remplir tout l'espace.



S'allonger à même le sol, et, au fil des jours, avoir la sensation de devenir le paysage, d'en avoir toujours fait partie. S'émerveiller du plaisir inattendu de sentir une goutte de pluie sur ses lèvres, la nuit