28/04/200824/04/2008Désinformation, encore et toujours
J'écoute distraitement le 20h de France 2, hier soir, quand une annonce de l'inamovible David Pujadas me fait dresser l'oreille : "Les salaires des grands patrons reviennent à plus de modération". Je me prends à imaginer un bref instant que nos grands manitous de l'entreprise, dans un élan inouï de générosité sacrificielle, ont décidé collectivement de renoncer à leurs avantages mirobolants, et de redistribuer une (petite) partie de leurs revenus à leurs salariés, qui en ont bien besoin en cette période noire pour le pouvoir d'achat.
Que nenni. Le reportage nous apprend que le revenu annuel moyen des patrons du CAC40, qui est (quand même) de 2,26 millions d'euros, n'a augmenté "que" de 4,3% en 2007. Et encore cela ne prend pas en compte le système ("opaque") de distribution de stock-options et d'actions gratuites. Commentaire de l'auteur du reportage : "les patrons seraient-ils devenus raisonnables ?". Ah bon ? Où çà ? On croit rêver...
Vous êtes mieux placé que moi, Monsieur Pujadas, pour savoir que les mots ont un sens, et que la phrase "les salaires des grands patrons reviennent à plus de modération" signifie, stricto sensu, qu'ils diminuent, au mieux qu'ils n'augmentent pas. Vous vouliez peut-être dire "la hausse des salaires des grands patrons revient à plus de modération" ? Cela aurait au moins eu le mérite d'être exact et précis dans la forme, à défaut d'être moralement et économiquement justifié sur le fond. Mais ce n'est pas du tout pareil. Alors, manipulation ou désinformation ?
Sur le site de France 2 ([www] /archives/mercredi 23), c'est carrément le mensonge éhonté. Le reportage est sous-titré : "salaire des patrons en baisse".
Intoxiquez, intoxiquez, il en restera toujours quelque chose...
Je fulmine.
23/04/2008Dextrogyre ou lévogyre ?
Un ami m'envoie ce test amusant.
Observez la danseuse
Si vous la voyez tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est que vous utilisez l'hémisphère droit de votre cerveau. Si vous la voyez tourner dans l'autre sens, vous utilisez l'hémisphère gauche.
La majorité d'entre nous choisit inconsciemment un sens de rotation, toujours le même. Mais les deux sont possibles. En vous concentrant sur l'image, vous devriez parvenir à observer l'autre sens.
Des expériences ont montré que la plupart des sujets utilisent préférentiellement un des deux hémisphères, en relation avec certains traits dominants de leur personnalité :
Les sujets hémisphère gauche privilégient la logique, le rationnel, l'analyse, l'objectivité, ils s'intéressent aux détails et aiment l'exactitude.
Les sujets hémisphère droit privilégient l'intuition, l'irrationnel, la synthèse, la subjectivité, l'esthétique, le ressenti et la créativité, ils s'intéressent à la totalité.
L'école tendrait à favoriser les modes de pensée hémisphère gauche.
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NB : je n'ai aucune garantie concernant la rigueur scientifique des interprétations proposées. Si quelqu'un a des sources d'information fiables à ce sujet, je suis preneur.
19/04/2008« Les clubs de supporters Boulogne Boys (Paris SG) et la Faction (Metz) ont été dissolus »
(Journal I-télé)
Sans doute la conséquence directe des excès de leur vie dissoute. 16/04/200811/04/2008Citation
"Le temps croit comme une puissance du nombre de tuiles"
(un de mes collègues)
05/04/2008Illumination
Apparition céleste du Sacré-Cœur de Jésus dans Sa Gloire auréolée de lumière.
Pour tempérer les effusions mystiques, on se souviendra que la construction de cette basilique, à l'architecture hésitante, à mi-chemin entre la fusée Saturne et le gâteau de mariage, a été décidée conjointement par l'Eglise et l'Etat pour « expier les crimes des communards », sauvagement massacrés en 1871 par les troupes versaillaises sur ordre de M. Adolphe Thiers.
03/04/2008A la demande générale,
le groupe pour la défense et la promotion du point-virgule vient de voir le jour.
[www]
voir aussi : [www]
02/04/2008Le retour de l'effet mère
Elle promène son désœuvrement de la cuisine à la chambre, couvant d'un œil attendri sa progéniture qui essaie de se concentrer sur une lecture ardue. Elle demande si on a besoin de quelque chose, si on a pas trop froid, si on n'a pas trop chaud, si on veut un café, ou une infusion. Finalement elle vient s'assoir sur la banquette, là, juste à côté. Elle a tellement envie de se confier à son fils. Fermer le livre, sourire et faire bonne figure.
Elle parle de ses douleurs (qui persistent), de son médecin (qui est un âne), de sa voisine (qui lui répète que le quartier est devenu infréquentable), de ses enfants (qui sont selon elle la plus grande réussite de sa vie), de son mari (qui l'a quittée - hélas - il y a trente ans), de sa grande déchirure, comme elle dit. Lourd soupir et regard embué qui signifient : hein, tu sais, tu comprends... Tout à trac elle s'inquiète de moi, m'interroge, voudrait que je lui raconte Paris, mon boulot, mes amis, mes projets... mais elle ne m'écoute déjà plus. Car elle reparle d'elle, de ses douleurs, de son médecin, de sa voisine, elle ressasse ses regrets, son amertume, son existence brisée depuis le jour où...
Cette histoire, je le connais par cœur. Je pourrais anticiper les inflexions du ton, plaintif ou suppliant, les larmes qui brouillent le regard. Jouer sur la corde affective, un grand classique. Elle voudrait tellement qu'on la rassure, qu'on lui affirme qu'on l'aime, encore et toujours. Comme si la présence et l'attention bienveillante ne comptaient pas, comme si seuls les mots avaient de la valeur.
Pourquoi les mères (pas toutes ? rassurez-moi…) ne peuvent-elles s'empêcher de déverser sur leurs enfants la douleur qu'elles ont méticuleusement construite, jour après jour, après année, si ce n'est dans l'espoir secret de les enfermer dans leur petit univers, de les voir s'identifier à elles, encore et toujours, comme au commencement ?
Lui expliquer, à nouveau, qu'elle ne peut pas faire de ses enfants une caisse de résonance pour son malheur, qu'elle a tout faux en essayant de titiller leur culpabilité impuissante ? C'est trop tard. C'est trop dur. C'est inutile. Mais je n'ai plus la force de compatir. Alors je cherche les mots les plus honnêtes et les plus justes pour la tranquilliser, ne pas ajouter à son désarroi, et aussi pour abréger cette séance morbide et masochiste.
J'aimerais savoir comment échapper au malaise, me découvrir presque indifférent. Malgré moi je repars accablé par tant de tristesse et de ratage – elle est arrivée à ses fins, d'une certaine façon. Mais ni l'un ni l'autre n'est en paix avec lui-même. Et je sais par avance que la scène se rejouera à peu près à l'identique à la prochaine visite.
La vieillesse est un naufrage. L'amour maternel, un boulet. Les deux à la fois...un cauchemar pour tout le monde.
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